samedi 17 octobre 2009

Manifestation : Des milliers de personnes défilent à Paris pour les droits des femmes


«Dans le monde professionnel notamment, le plafond de verre est toujours une réalité, même si des femmes y ont pris leur place», a estimé Mme Surduts.
«Seuls 34% des cadres sont des femmes, et encore jusqu'à un certain niveau hiérarchique, et en moyenne les salaires sont inférieurs de 26% à poste égal», a-t-elle ajouté.
Les manifestants, surtout des femmes, étaient venus d'Ile-de-France mais aussi des régions, avec notamment des associations de Nantes ou Pau.
L'association Femmes solidaires, qui revendique 10.000 membres en France, composait un des gros contingents du cortège.
«La liberté de décider, on s'est battues pour l'avoir, on se battra pour la garder»,
chantaient ses membres arborant des ballons roses et des pancartes colorées en forme de losange reprenant les six thèmes de la journée: autonomie, égalité, dignité, solidarité, laïcité et liberté.
Selon Mina Delleda de Femmes solidaires, «il faut être extrêmement vigilant pour ne pas revenir en arrière, notamment au niveau des plannings familiaux qui font un gros travail sur l'accès à la contraception, à l'avortement et dont le financement a été menacé».
Pour cette psychologue travaillant avec des sans-abri à Paris, «les hommes ont leur représentation du pouvoir et ils la reproduisent, parfois inconsciemment, du coup la parité ne va jamais de soi».
Un peu plus loin, une banderole violette affiche «Collectif 44 Vigilance féministe» avec une délégation venue de Nantes. «Les femmes sont en première ligne d'une grave crise qui est synonyme pour elles de retour en arrière: plus de 80% des pauvres sont des femmes», souligne Michèle Frangeul, présidente du centre Simone de Beauvoir à Nantes.
Comme beaucoup d'autres manifestantes interrogées par l'AFP, cette militante s'inquiète du droit d'accès à l'avortement du fait de la fermeture de certaines structures le pratiquant. «Trois centres ont été fermés cette année en région parisienne, dont le dernier il y a quelques jours à l'hôpital Tenon à Paris (XXe)», déplore Maya Surduts appelant à «stopper ce mouvement de régression».
Plusieurs leaders politiques et syndicalistes s'étaient joints au cortège dont Martine Aubry (PS), Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Olivier Besancenot (NPA), Bernard Thibault (CGT) et Gérard Aschieri (FSU).
«Parmi les discriminations dont sont victimes les femmes, ce qui se passe au travail est particulièrement important», a déclaré à l'AFP Bernard Thibault en évoquant 25 à 30% d'écart de rémunération pour les mêmes postes«.

jeudi 15 octobre 2009

MANIFESTATION EN MEMOIRE DU MASSACRE DU 17 OCTOBRE 1961


Manifestons pour :
• exiger de l'État français de reconnaître officiellement sa responsabilité dans les massacres liés à la colonisation, et d'ouvrir les archives de la Guerre d'Algérie et de la colonisation aux chercheurs français et étrangers, sans restrictions ni exclusives;
• protester contre les complaisances vis à vis de l'OAS et des nostalgiques de l'ordre colonial;
• protester contre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, honte de la République Française ;
• réclamer l'abrogation de la directive « retour », ou « directive de la honte », adoptée par le parlement européen et qui bafoue les droits humains les plus élémentaires ;
• Affirmer le droit des migrants à vivre en France dans la dignité et sans subir de discriminations.

Appel soutenu par
Algérie au Cœur Isère, Cercle Bernard Lazare, CIIP, Collectif de Soutien aux réfugiés algériens, Comité traite négrière / esclavage , LDH Isère, Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté , Mouvement de la Paix, NIL Isère, FSU 38, Solidaires 38, UD-CGT 38, ADES, Les Alternatifs Isère, PAG38, Fédération du PCF 38, PCOF, PRCF & JRF, Les Verts Isère,

Des associations de nostalgiques de l'Algérie Française prétendent rendre hommage aux tueurs de l'OAS en les faisant passer pour des résistants. C'est intolérable !
S'il y eut des résistants parmi les Français et Européens d'Algérie, ils sont du côté de ces femmes et hommes qui se dressèrent contre les tenants de l'ordre colonial et menèrent le combat aux côtés des Algériens. Ils portent les noms de Fernand Yveton, Maurice Audin, Alban Liechti, Henri Alleg, Madeleine Rébérioux, Simon Blumental, Francis Jeanson, ... En aucun cas, ils ne se trouvent parmi les membres de l'OAS qui tentèrent par le crime de s'opposer à la volonté des peuples français et algérien de conclure une paix juste, respectueuse des droits des peuples.
Malheureusement certains élus, oublieux du passé ou complices, laissent ces mêmes nostalgiques rendre leur hommage sur des lieux publics, y compris devant la flamme du soldat inconnu à l'Arc de Triomphe !
Cette glorification d'un des pires moments du passé s'accompagne d'une politique de plus en plus dure et inhumaine de l'État français vis à vis des immigrés, spécialement les travailleurs sans-papiers. Ils sont ramenés à leur valeur de force de travail, sans droits, soumis à l'arbitraire et à la répression, aux contrôles incessants.
En 2009 comme en 1961, ils doivent se battre contre le mépris, pour la dignité et l'égalité.

dimanche 11 octobre 2009

DECLARATION DU 5/10 DU COMITE NATIONAL CONTRE LA PRIVATISATION DE LA POSTE


• Cette initiative inédite, à l’échelle du pays, témoigne de l’attachement profond de la population au service public de la Poste qui au-delà de son rôle économique joue un rôle de lien social indispensable et irremplaçable.
• Le comité national remercie les 2 millions de votants et tient à saluer les milliers de bénévoles qui se sont mobilisés pour assurer l’immense succès de cette votation. Ils ont réalisé quelque chose d’incroyable.
• Ce succès est aussi le résultat de l’unité des 62 organisations syndicales, politiques et associatives. Ce rassemblement historique réalisé autour de la défense du service public a démontré sa force et sa légitimité.
• Cette unité au sein du comité national et des comités locaux doit se poursuivre. La mobilisation conjuguée des postiers, des usagers et des élus conditionne la mise en échec du projet gouvernemental.
• Le président de la République et son gouvernement doivent entendre ce verdict sans appel et renoncer définitivement à cette loi.
• La Poste appartient à toutes et à tous, aucune modification du statut de la poste ne peut se faire sans l’organisation d’un référendum.
• Forte de ce succès, la mobilisation se poursuit pour l’organisation d’un véritable débat public pour l’amélioration et le développement du service public.
• Le comité national appelle les comités locaux à :
• rencontrer immédiatement les sénateurs et les députés de leur département et circonscription pour exiger du gouvernement le retrait du projet de loi,
• prendre des initiatives en direction des préfectures pour communiquer les résultats de la votation.
• Le comité national demande à être reçu par le Président de la République ainsi que par les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.
• Le comité national met immédiatement en débat dans les comités locaux avec la population les suites à donner à la votation : forum citoyen, journée nationale de manifestations, nouvelle votation et il fera connaître dans les jours qui viennent les initiatives nationales qu’il compte prendre contre la privatisation et pour la défense du service public.
• Paris le 5 octobre 2009

lundi 28 septembre 2009

Déclaration commune du Parti Communiste Français, du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire


Ils souhaitent tout d’abord contribuer aux mobilisations nécessaires contre la politique de Nicolas Sarkozy, politique de casse de l’emploi et des services publics, de régression du pouvoir d’achat, de chasse aux migrants, de remise en cause des droits démocratiques et d’alignement sur les politiques libérales et sociales libérales qui dans le monde, tournent le dos aux besoins humains et aux équilibres écologiques.
Ils ambitionnent de proposer un autre choix résolument à gauche. Le résultat du Front de Gauche aux Elections européennes confirme qu’il y a une attente dans notre peuple pour cela et que c’est possible. Rien ne peut détourner de la nécessaire construction, la plus rapide possible, d’une alternative réelle aux politiques libérales et capitalistes, d’une véritable proposition de gauche ayant vocation à construire des majorités d’alternative à la droite dans notre pays.
Ils condamnent les tentatives de recomposition au centre autour d’alliances avec le MODEM qui sont vouées à l’échec, fondées sur la seule idée d’un front anti Sarkozy, incapables de proposer un programme alternatif à la politique de la droite et faisant, de fait, disparaître la gauche.
Ils condamnent tout autant l’organisation de primaires en vue des élections présidentielles qui nient la richesse de la diversité à gauche, enferme celle-ci dans une concurrence des egos bien loin des préoccupations de la majorité de la population en butte aux conséquences de la crise économique, en particulier des licenciements.
Ces constructions politiques délétères ont pour issue la victoire durable, électorale et idéologique, de la droite comme le prouve amplement la situation en Italie. Elles sont l’aboutissement logique du glissement progressif des politiques libérales et sociales-libérales suivies toutes ces dernières années en Europe et en France.
Il y a urgence à construire de véritables réponses à la hauteur de la situation !
Les organisations du Front de Gauche, le PCF, le PG et la GU sont déterminées à mettre toutes leurs forces dans la construction des mobilisations sociales face à Nicolas Sarkozy et au MEDEF, à prendre toutes les initiatives pour construire une véritable alternative de rupture avec le capitalisme libéral.
Elles décident déjà, en conséquence :
La création d’un « Comité de Liaison Permanent » du Front de Gauche permettant une coordination suivie de son activité au service d’un travail consistant à ancrer sa démarche dans les luttes et dans les urnes, pour poursuivre ce qui a été engagé au moment des élections européennes
De contribuer activement à la votation citoyenne du 3 octobre sur l’avenir de la Poste
D’organiser de grandes campagnes publiques sur les urgences sociales et écologiques de l’heure, à partir des trois propositions de lois des parlementaires du PCF et du PG et de l’affirmation d’une réponse écologique et sociale conséquente lors du sommet de Copenhague sur le changement climatique
D’ouvrir immédiatement un chantier pour élaborer une plate forme partagée du Front de Gauche, contenant les grands axes de l’alternative de rupture nécessaire face à la droite et des propositions d’urgence permettant de répondre aux exigences populaire, aux dégâts de la crise capitaliste et du productivisme.
Les trois partis conviennent d’une première réunion de ce Comité de liaison dès la semaine prochaine afin de détailler, préciser et mettre concrètement en place ces premières décisions. Bien sur, ils devront prendre au cours des réunions à venir du comité de liaison toutes autres initiatives nécessaires aux objectifs du Front de Gauche ; en particulier sur les moyens de porter leur plate forme partagée dans les luttes et les débats publics.
Paris, le 25 septembre 2009.

mercredi 26 août 2009

Jean-Luc Mélenchon rejette l'idée de primaires à gauche


La proposition d'une alliance PS-Verts-MoDem faite par Vincent Peillon a provoqué de vives réactions à la gauche du PS. Du NPA au PCF, en passant par le Parti de gauche, la condamnation est unanime. Pas question de faire un pacte avec le centre affirment-ils. Ni de répondre à l'appel des primaires. Alors que la fondation Terra Nova publie dans Libération de mercredi 26 août un appel en ce sens, Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche réagit.
Que pensez-vous de la proposition de nouvelle alliance PS-Verts-MoDem de Vincent Peillon ?

Elle est caractéristique du niveau misérable du débat à gauche en France. Le Parti socialiste est dans un processus d'effondrement opportuniste. Je ne prendrai qu'un exemple, l'élection partielle d'Aix-en-Provence : au premier tour, le PS était allié à une formation centriste qui s'était intitulée Que la droite se lève ; et au second tour, il a été rejoint par une liste UMP dissidente !
Le débat sur l'alliance PS-Verts-MoDem ne se fait sur aucun thème concret ; il est uniquement question de combinaisons politiciennes. J'interpelle tous ces gens : qu'est-ce qu'ils pensent de mes propositions comme le retour à la retraite à 60 ans, la fixation d'un salaire maximum, l'élévation du salaire minimum ? Quelle est leur opinion sur une loi sur la souveraineté industrielle ? Que disent-ils de la relocalisation des entreprises ou de la réduction du commerce international ?
L'université d'été de La Rochelle s'ouvre, alors que de plus en plus de responsables socialistes poussent à l'organisation de primaires à gauche. Y êtes-vous favorable ?
Les socialistes m'ont invité à La Rochelle et ont voulu m'associer dans un débat sur leur projet de maison commune. C'est un débat truqué, car ils en ont exclu le NPA. Leur maison commune, ce n'est pas l'union des gauches sans exclusive. Je n'y participerai donc pas. C'est inacceptable qu'on fasse les yeux doux sans condition au MoDem et qu'on multiplie les contrôles d'identité à l'égard du NPA. Le vrai rendez-vous de la gauche, pour moi, ce sera le débat de la Fête de L'Humanité.
Et les primaires à gauche ?
S'il s'agit de désigner le candidat du PS, cela ne me concerne pas ! Si c'est pour régler le problème de la diversité à gauche par un système de primaires, les socialistes ne se rendent même plus compte de l'énormité de leur prétention ! Une élection se gagne par des dynamiques, pas par des procédés administratifs. Pas question qu'une toute petite partie de l'opinion fixe le plus petit commun dénominateur des forces de gauche avant même qu'ait commencé une campagne contre la droite. On a vu le résultat tragique de cette méthode en Italie : toute la gauche officielle a rendu les armes au centre gauche, qui les a rendues à la droite. Résultat, il n'y a plus un élu de gauche au Parlement. Le but des socialistes, c'est de niveler autour d'eux ; le nôtre, c'est d'additionner.
La seule raison de cette mascarade, ce sont les scènes de ménage du PS dans lesquelles toute la gauche est prise en otage. Je l'ai aussi quitté pour ne plus avoir à participer à cet abaissement de la politique.
Les régionales se préparent. La gauche semble y aller divisée...
Le PS appelle à un rassemblement au premier tour et cherche à imposer une stratégie d'alliance avec le MoDem, alors que toute l'autre gauche n'en veut pas. Il va donc devoir choisir. C'est l'alliance à gauche ou avec le centre, mais ce ne sera pas à la carte.
Moi je pense qu'il faut que l'autre gauche - le PCF, le Parti de gauche, le NPA - se présente de manière autonome au premier tour pour une alternative de gestion régionale. C'est ce que nous proposons avec le Front de gauche. Au second tour, naturellement, les uns doivent se désister pour les autres : les socialistes pour nous quand nous serons en tête et vice versa. Il faudra alors faire des fusions techniques. La question de la participation aux exécutifs régionaux n'est pas réglée mais ce n'est pas un préalable. L'appréciation du PCF n'est pas la même que celle du NPA, il va falloir trouver de quelle façon rapprocher les points de vue. Mais l'expérience des européennes devrait faire réfléchir tout le monde : malheur à celui qui rend l'union impossible avec des prétextes !
Article paru dans l'édition du "Monde" le 27.08.09.

jeudi 13 août 2009

Marie-George Buffet répond à la lettre de Martine Aubry


16 juillet

Chère Martine,
La situation du pays est grave. C’est par ces mots, que nous ne pouvons que partager, que débute la lettre que tu viens de nous adresser. Mais à ce constat, qui impose effectivement à toutes les forces de gauche des responsabilités particulières, j’en ajoute d’emblée un second : si la situation du pays est grave, celle de la gauche l’est aussi. Et il y a des raisons à l’une et l’autre de ces situations.
La crise que connaissent notre pays, l’Europe, le monde n’est pas une crise de plus. Elle est, à nos yeux, une crise globale du système capitaliste mondialisé. Après avoir construit, ces dernières décennies, la domination renforcée des multinationales et des marchés financiers, et la croissance exponentielle des profits sur l’écrasement des revenus salariaux, sur la mise en concurrence systématique des salariés, des peuples et des territoires, sur le recul des protections sociales et des politiques publiques au profit de la marchandisation accrue de toutes les activités humaines et des ressources naturelles, les partisans de ce système cherchent aujourd’hui une sortie de crise dont les salariés paieraient l’addition. C’est inhumain, profondément injuste et totalement inefficace. On ne sortira plus de telles crises sans s’attaquer à la domination de ces logiques. La crise écologique et climatique est d’ailleurs le résultat des ces politiques de profit court-termistes, poussant à un productivisme aveugle, ignorant la nécessité d’apporter des réponses durables aux besoins humains, dans le respect des populations et des éco-systèmes. L’hégémonie capitaliste sur le monde a de surcroît conduit à l’amplification d’une très grave crise démocratique qui met à mal à tous les niveaux la légitimité de choix imposés aux populations contre leurs intérêts et ceux de l’avenir de la planète. C’est particulièrement vrai de la construction européenne actuelle, qui bafouant le « non » des Français en 2005 et exigeant aujourd’hui des Irlandais de revenir sur leur vote, s’acharne à mettre en œuvre le traité de Lisbonne et ses orientations libérales. La France est entrée dans cette crise alors même que la droite au pouvoir, avec à sa tête Nicolas Sarkozy, accélérait la mise en œuvre de toutes les politiques libérales dont la crise manifeste l’échec cinglant. La France et son peuple subissent ainsi, avec la crise capitaliste et la politique de Nicolas Sarkozy, une double peine. Si dans ces conditions le programme de l’UMP était mené à son terme, ce serait catastrophique pour l’avenir de notre pays. La France en sortirait défigurée.
Conscient du danger, notre peuple a clairement manifesté ces derniers mois son opposition à la poursuite de cette politique. Mais sans alternative politique à la hauteur, cette opposition populaire risque d’être condamnée à l’impuissance. Et la droite ne manquerait pas d’exploiter plus encore le désarroi que cela nourrirait.
Il y a donc effectivement urgence à relever le défi de la construction d’une alternative politique à gauche. Mais il ne suffira pas pour cela de lancer des appels miracles au rassemblement, quand à l’évidence l’état actuel de la gauche renvoie à de très sérieux débats sur l’analyse de la crise et sur la nature des ruptures à opérer pour en sortir. Tu invites à défricher les voies d’une « nouvelle démarche de rassemblement à gauche ». Cela passe par une confrontation transparente, associant le débat public populaire, sur ces choix. La gauche est divisée et elle doit s’unir. Oui, mille fois oui, mais seule la clarté des choix et du projet à mettre en œuvre peut l’unir. Cela vaut à nos yeux pour toutes les échéances, sociales ou électorales. C’est d’ailleurs cette double ambition, pour nous indissociable, de la clarté du projet et du rassemblement le plus large jusqu’à constituer une majorité populaire et politique, qui nous conduits à vouloir poursuivre et élargir la démarche du Front de gauche que nous avons initié avec de premiers succès lors de l’élection européenne.
Autant le dire franchement, si des mobilisations sociales ou des batailles parlementaires nous permettent de nous retrouver, et jamais nous ne refuserons les possibles fronts d’action contre la politique de la droite, nous ne percevons pas à l’heure qu’il est la clarté nécessaire dans les positions du Parti socialiste sur l’Europe, le financement des retraites, la réforme des institutions, pour ne prendre que ces exemples d’actualité. Et que dire de la répétition d’alliances locales avec le Modem, en totale contradiction avec les intentions affichées dans ta lettre.
L’état d’esprit constructif qui nous anime face aux dangers de la situation actuelle me conduit évidemment à accepter la proposition de rencontre que tu formules. La situation du pays et celle de la gauche sont suffisamment graves pour ne négliger aucune démarche de dialogue entre forces de gauche. Mais je le répète, c’est un échange sérieux que nous voulons, sur le fond des choix devant lequel se trouve la gauche, et non d’une démarche de façade ou de replâtrage."
Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF

Lettre de Martine Aubry aux responsables des partis et mouvements de gauche et écologistes


Le 7 juillet 2009
Copie de la lettre adressée à Jean-Michel Baylet, Marie-George Buffet, Jean-Pierre Chevènement, Cécile Duflot, Jean Luc Mélenchon et Daniel Cohn-Bendit
La situation du pays est grave. Il est traversé par une crise profonde. Profonde dans l’ampleur des dégâts sur les vies humaines : la montée du chômage, l’explosion des inégalités et de la précarité sont terribles. Profonde aussi dans sa signification. Cette crise est celle d’un système qui impose la rentabilité à court terme, l’accumulation de biens matériels et d’argent comme principes majeurs de la société. C’est aussi un modèle de société qui oppose les hommes et les territoires et détruit la planète.
Pourtant la droite, aujourd’hui emmenée par Nicolas Sarkozy qui fait sienne cette idéologie néolibérale, n’a pas été sanctionnée dans les urnes.
En cela, le résultat des dernières élections est un nouvel échec pour les forces de progrès, même si les résultats individuels ont été contrastés. Nous réunissons plus de voix que la droite mais nous apparaissons collectivement comme les perdants du scrutin du 7 juin. Et si certains partis de gauche se détachent à telle ou telle élection, nous sommes incapables de transformer notre force collective en alternative politique à la droite.
Pour gagner, nous devons surmonter les divisions de nos mouvements et ou de nos partis. Nous devons changer. Nous devons, d’une seule voix, convaincre les Français que nous incarnons, ensemble, une alternative solide et durable pour bâtir un autre modèle de développement, un nouveau modèle de société, un nouveau monde.
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai appelé de mes voeux une nouvelle démarche de rassemblement à gauche. Une « Maison commune » ouverte à tous les chemins que nous pouvons emprunter ensemble. Le Parti Socialiste aborde cette démarche sans préalable. Les formes que doit prendre cette démarche sont à inventer collectivement.
Bien sûr, nos partis et nos mouvements représentent tous une histoire particulière, des valeurs et des projets qui leur donnent une légitimité politique. Les enjeux changent, les solutions de demain ne sont pas celles d’hier, mais les valeurs et les combats menés demeurent notre socle commun.
Le Parti Socialiste est né des rapports entre capital et travail dans l’entreprise. Il a su unir, à force de luttes, l’aspiration à la justice sociale et l’attachement aux libertés. Il a apporté une puissante contribution à l’établissement de la protection sociale. Ces combats sont plus que jamais d’actualité. Mais, ils sont perdus s’ils ne prennent pas compte les nouveaux impératifs de notre société : la mondialisation, la société numérique, les chocs démographiques et écologiques.
Ces évolutions - pensées et régulées - peuvent être positives. Aujourd’hui, elles sont créatrices de nouvelles formes d’inégalités. Et si l’écologie politique a reçu un écho favorable lors des dernières élections, c’est aussi parce que les hommes comprennent l’urgence environnementale. Ils perçoivent ces enjeux environnementaux comme une nouvelle ligne de fracture entre ceux qui peuvent résister, se protéger et ceux qui, déjà, subissent la dégradation de la planète. Ils veulent qu’on pense aux générations futures.
Tous ensemble, nous devons relever les nouveaux défis de cette société exsangue. Nous aspirons à une société post-productiviste fondée sur une croissance sélective, sobre, socialement responsable et post-matérialiste portant le bien être, l’émancipation de chacun, le soin et le respect de l’autre.
Nous pouvons répondre aux aspirations des Français si nous sommes résolus à mettre en commun nos analyses, à partager nos perspectives et à proposer des solutions pour préparer un autre avenir.
Cela suppose que nous acceptions tous de réévaluer nos certitudes pour dégager ensemble les bases d’une politique alternative. Le Parti socialiste y est prêt.
Clairement, notre objectif est de participer à l’élaboration d’un projet commun de la gauche en 2012, mais aussi de mettre en oeuvre une stratégie politique électorale commune pour l’emporter. Nous pensons que la « maison commune » doit accueillir tous les citoyens qui se reconnaissent dans cette démarche de changement.
Nous avons déjà eu les uns et les autres des contacts informels. Je vous propose que nous entrions de plain-pied collectivement dans cette démarche. N’oublions pas que c’est toujours en étant unis que nous avons connus nos plus belles victoires au service de nos concitoyens, en 1936, en 1981 et en 1997, mais aussi récemment nos plus belles victoires locales.
Nous devons accorder à ce dialogue tout le sérieux nécessaire en nous donnant le temps qu’il faut, mais sans en perdre : pour nous, notre rassemblement doit s’engager dès les élections régionales. Elles sont un enjeu majeur pour la gauche, le Parti socialiste est prêt à travailler dans chaque région avec l’ensemble des partis de gauche et les écologistes, sur un projet commun et une réflexion commune sur notre stratégie électorale.
Au-delà, ce rassemblement pourrait se décliner sous la forme d’initiatives communes, par exemple sur la question de l’emploi à la rentrée -qui va être sans doute la plus difficile jamais connue particulièrement pour les 650 000 sortants du système scolaire- ou à l’automne sur le climat dans la perspective du sommet de Copenhague. Nous pourrions aussi décider du principe de ripostes communes aux atteintes contre les droits sociaux, et les libertés publiques ou locales.
Les hommes et les femmes que nous représentons réclament l’unité. Ils ont raison et la crise qu’ils subissent nous crée plus que jamais des obligations. Nous devons marquer notre volonté de changer la donne politique. Pour inventer et porter ensemble un autre modèle de société, fondé sur nos valeurs de progrès, de justice sociale, de solidarité et de préservation des équilibres écologiques et des libertés collectives. Voilà pourquoi je vous propose de nous rencontrer au plus tôt selon les formes dont nous pourrons convenir.
Je sais le chemin du rassemblement exigeant mais je m’y engage pleine d’espoir et d’optimisme, consciente de notre responsabilité historique et de l’attente populaire.
Avec mes sentiments amicaux,